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Balades parisiennes, par Michel Ostertag.

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Balade 31(Autour de l'Hôtel de Ville)Balade
Balade 30 (Autour de l'Hôtel de Ville)
Balade 29 (Autour de l'Hôtel de Ville)
Balade 28 (Autour de l'Hôtel de Ville)
Balade 27 (Autour de l'Hôtel de Ville)
Balade 26
(Autour de la Bastille)
Balade 25
(Autour de la Bastille)
Balade 24
(Autour de la Bastille)
Balade 23 (Autour de la Bastille)
Balade 22
(Autour de la Bastille)

Balade 21(Autour de la Bastille)
Balade 20 (Autour de la Bastille)
Balade 19 (Autour de la Bastille)

Balade 18 (Autour de la Bastille)

Balade 17 (Autour de la Bastille)
Balade 16 (Autour de la Bastille)
Balade 15 (Autour de la Bastille)
Balade 14 (Dans l'Île Saint-Louis)
Balade 13
(Dans l'Île Saint-Louis)
Balade 12 (Dans l'Île Saint-Louis)
Balade 11
(Dans l'Île Saint-Louis)
Balade 10 (Dans l'île de la Cité)
Balade 9 (Dans l'île de la Cité)
Balade 8 (Dans l'île de la Cité)
Balade 7 (Dans l'île de la Cité)
Balade 6 (Dans l'île de la Cité)
Balade 5 (Dans l'île de la Cité)
Balade 4 (Autour de Notre Dame de Paris)
Balade 3 (Autour de Notre Dame de Paris)
Balade 2 (Autour de Notre Dame de Paris)
Balade 1
(Autour de Notre Dame de Paris)
 



Les balades parisiennes de l'Oncle Jérôme

Numéro 1                                        

Autour de Notre-Dame de Paris

Première partie


   

 

 

 

 

 

 

 

   

  Quel régal de se promener en compagnie de l'Oncle Jérôme à-travers les rues de Paris ! Aujourd'hui, nous traversons le parvis de Notre- Dame, je relève le col de ma veste, nous pressons le pas tant est fort le vent qui circule librement à cet endroit. A l'ombre de la cathédrale, je me sens si petit, si tristement humain qu'il m'est difficile de la regarder dans son ensemble, tant la peur est grande d'avoir le tournis et de chuter! Quelle foi fallait-il aux maçons pour monter ces blocs si haut dans le ciel !

            Mon oncle Jérôme à mes côtés, je me sens armé pour déchiffrer le secret des pierres de la capitale. Avec lui, toutes les rues ou presque ont un ou plusieurs numéros liés à l'histoire et il raconte avec une telle ferveur que Paris à mes yeux n'est plus le même. Historien de Paris et professeur d'histoire, passionné par tout ce qui touche sa ville natale, l'Oncle, n'a jamais quitté la capitale, excepté une année passée en province où il fallut le rapatrier aux premières vacances, tant sa mélancolie de Paris lui fut insoutenable ! Je lui  dois le virus de l'histoire qu'il a su m'inoculer ! En effet, dès mon plus jeune âge, d'abord en bandes dessinées, puis en livres plus savants, grâce à lui, l'Histoire de France m'a passionnée. Et au fil des années, cela n'a fait que s'amplifier. Après mon bac, je pense suivre le même chemin que lui.

            Après avoir traversé la Seine par le pont au Double, nous passons devant le porche de l'église et tout naturellement nous nous sentons happés sur la droite vers ces courtes rues qui formèrent au XIVè siècle le Cloître Notre-Dame, véritable petite cité de mai­sons, de rues, de jardins où nul bruit, nulle taverne ou commerce, pas d'avantage d'ouvrier ou de femme, ne venaient troubler la sérénité des chanoines. Cet ensemble était clos de murs d'enceinte fermés par quatre portes. De ce cloître sortit, à l'époque, les hauts dignitaires de l'Eglise, on cite 29 cardinaux et 7 papes !

En avançant dans la rue du Cloître Notre-Dame, Oncle Jérôme devient intarissable, il faut dire qu'il avait relu une grande partie de sa bibliothèque avant d'accepter de m'accompagner ici !

Juste en face du n° 18, était accotée à la tour nord de la cathédrale, une chapelle du nom de St Jean du Rond et qui servait de baptistère à l'époque où les baptêmes se faisaient par immersion. Elle fut démolie en 1748 et ses pierres réutilisées à d'autres ouvrages.

Le matin du 16 novembre 1717, la femme du vitrier Rousseau, trouva sur le seuil de cette chapelle un enfant abandonné, un garçon, qu'elle recueillit aussitôt. Elle le prit chez elle et l'éleva comme son propre fils. Elle le fit baptiser sous le nom de Jean du Rond et le mit en pension dès l'âge de quatre ans. A douze ans, il entra au collège des Quatre-Nations où il prit goût aux mathématiques (ses maîtres voulurent l'attirer vers le droit et la théologie, mais il sut ne pas les écouter), bien qu'à vingt ans, il fut reçu avocat. Il s'essaya aussi à la médecine mais au bout d'un an cela le fatigua et il retourna à la géométrie. Remarquable dans cette discipline, à 23 ans, il entra à l'Académie des Sciences après divers travaux qui l'avaient fait apprécier, puis fut admis à l'Académie Française. Il partagea sa vie entre ses travaux scientifiques et ses études philosophiques, écrivit la préface de l'Encyclopédie, fut ami de Diderot, de Voltaire et resta célèbre sous le nom de d'Alembert, sans qu'on sache, d'ailleurs, pourquoi il prit ce nom.

C'était un enfant naturel d'un chevalier, Destouches, et d'une ancienne chanoi­nesse du nom de Madame de Tencin. Elle avait été relevée de ces vœux et une fois libre, mena une vie de débauche pendant laquelle elle eut de nombreux amants comme le Régent, ou le cardinal Dubois, puis renonça à ce genre de vie et ouvrit un salon littéraire, un des plus réputés du XVIIIè siècle par les conseils prodigués et les bons mots qui émaillaient les conversations les plus fines qui soient. Tous les chemins du vice mèneraient-ils à la vertu ?

Resté modeste, d'Alembert, sut renoncer aux largesses du Grand Frédéric de Prusse qui l'appela à Berlin, ainsi qu'à celles de Catherine II de Russie qui voulait lui confier l'éducation de son fils.

Parlons un peu de ses œuvres :

Dans son « Traité des dynamiques », œuvre magistrale, publiée en 1749, à 26 ans, il fonde la mécanique des corps sur trois principes évidents aujourd'hui qui sont l'inertie, le mouvement et l'équilibre. De là, il explique, il démontre les forces de l'inertie, de l'accé­lé­ration, précise le centre de gravité, analyse les chocs et va jusqu'à indiquer la solution générale des cordes vibrantes. L'année suivante, il démontre par une théorie fondamentale que toute équation algébrique a, au moins, une racine.

Grâce à l'Encyclopédie, son influence sur son époque fut grande. L'idée maîtresse est fondée sur la connaissance par le geste et par la parole, autrement dit, par l'appren­tissage, valeur on ne peut plus d'actualité aujourd'hui!

En effet, il écrit dans la préface, sous le nom de « Discours préliminaires» que c'est la main qui fait l'artiste et ce n'est point dans les livres qu'on peut apprendre à manœuvrer et partant, il crée un savoir technologique qui sera imité dans le monde entier. C'est une des œuvres les plus belles de la philosophie du 18è siècle.

Il mourut en 1783, à l'âge de 66 ans.

Après toutes ces explications, un peu savantes, l'Oncle me proposa d'aller boire un bon chocolat chaud au café du coin, que je m'empressais d'accepter. D'Alembert et sa naissance style Sdf m'avaient donné froid dans le dos…Mais quel exemple de réussite, comme quoi tout n'est jamais perdu d'avance ! Mais quand même, avoir comme parents une mère religieuse et un père chevalier, avouez que ce n'est pas si banal que ça!

Au n° 14, une autre halte me fut imposée par mon oncle: « Si, si, viens voir, tu vois la maison devant laquelle nous sommes, eh bien elle fut habitée par le chanoine Picot, ça ne te dis rien, je suppose, mais Picot fut le confesseur de la marquise de Brinvilliers, empoisonneuse célèbre du temps de Louis XIV….Ah : tu vois ça change tout, n'est-ce pas ? ». En effet, la marquise fut une des plus célèbres empoisonneuses de son siècle, triste renommée, en vérité. Arrêtée en 1675, impliquée dans l'Affaire des poisons », elle fut exécutée l'année suivante, elle avait 46 ans. Elle fut accusée d'avoir empoisonné ses deux frères ainsi que son père afin d'accéder à leur succession, elle et son amant. Elle fut l'auteur d'une préparation qui deviendra bientôt célèbre sous le nom de « poudre à succession »…Il faut ajouter qu'elle était marquise née Marie-Madeleine d'Aubray, fille d'un conseiller d'État. Au moment de son procès, elle dut faire amende honorable sur le parvis de Notre-Dame devant le clergé. Nous retrouverons ce personnage dans une autre balade rue Charles V dans sa demeure parisienne.

A la prochaine balade, d'autres personnages, pas moins attachants nous attendent, toujours dans le même quartier, nous parlerons de Joachim Du Bellay et du Dr Bichat...

                                                                        Michel  Ostertag

 


03/06/2013
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